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Archive pour juin 2009

“J’Habite dans la télévision” – Chloé DELAUME

23 juin 2009 hachiko 3 commentaires

DELAUME

“Ce que nous vendons à Coco-Cola c’est du temps de cerveau humain disponible.”

Chloé Delaume décide de prendre au mot le fameux propos de Patrick Lelay et se met en condition pour comprendre comment se fabrique cette disponibilité temporelle et cérébrale. Nuit et jour, elle s’étudie elle-même en train de se soumettre à l’afflux de messages publicitaires en ingurgitant le maximum de programmes de divertissement.”

L’auteur / narrateur met en place une expérience : 22 mois devant la télévision. Elle nous décrit sa transformation, ses sensations, et ses constats. Mais surtout sa disparition. Sa perte de contrôle totale sur le monde réel et sur elle-même.

C’est un texte déroutant, qui ressemble plus au discours d’un fou, tant le début est décousu et bizarre. Le style est très particulier, les phrases alambiquées forment un ensemble peu cohérent et assommant. C’est un véritable puzzle que l’on a du mal à reconstituer au cours de sa lecture, encore moins à apprécier…

Il est difficile de parler d’un roman car il ne s’agit pas d’une histoire racontée mais plutôt du bilan très personnel d’un travail expérimental. Regarder la télévision, c’est une chose ; en abuser, c’est pas bien, voire dangereux. Soit.
Le résultat, le texte, présente, à mon sens, peu d’intérêt même s’il est évident que l’auteur sait de quoi elle parle**.

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Cette lecture (lien) s’est faite dans le cadre du “Prix littéraire des Blogueurs”.

** Je me permets de faire un lien sur le blog de George Sand dont la critique est particulièrement complète et riche d’informations.

Elle !

elle

J’aime pas les filles qui piquent les fringues de leur mec. Mais j’adore la voir se promener avec mes sweat-shirts en petite culotte dans l’appartement.

J’aime pas quand elle ronfle mais j’adore la regarder dormir, même quand elle ronfle.

J’aime pas les filles qui pleurent mais j’adore la consoler quand elle se réfugie dans mes bras.

J’aime pas les grasses matinées mais j’adore traîner au lit avec elle.

J’aime pas quand elle pique une crise de nerfs mais j’adore ses mimiques et ses yeux noirs quand elle est en colère.

J’aime pas quand elle inonde de buée et d’eau la salle de bain mais j’adore la regarder sous la douche.

J’aime pas quand elle se maquille pendant des heures mais j’adore ses grimaces et son air très sérieux devant le miroir.

J’aime pas quand elle sort seule le soir mais j’adore la voir se préparer.

J’aime pas la savoir trop sexy quand elle sort mais je craque quand elle danse sur un comptoir de bar en pleine soirée.

J’aime pas quand on la regarde, mais j’adore cette fierté que je ressens quand on la regarde.

J’aime pas les filles qui rient trop fort mais j’adore ses éclats de rire.

J’aime pas quand elle s’absente quelques jours mais j’adore nos retrouvailles passionnées.

J’aime pas… plein de trucs de filles mais Elle, … c’est pas pareil !

Catégories:échos d'ailleurs

“Les lois de la gravité” – Jean TEULE

10 juin 2009 hachiko 1 commentaire

TEULE

“Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d’oublier pendant deux jours les turpitudes et les angoisses qu’inflige à ceux qui l’exercent le dur métier de policier. À cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari. « Comment ? » En le poussant par la fenêtre de leur appartement du 11e étage. « Quand ? » Il y a dix ans. « Pourquoi ? » Parce qu’il était sadique, irresponsable et qu’il la battait, elle et ses enfants. « Comment se fait-il qu’elle n’a jamais été inquiétée ? » Parce qu’elle a dit qu’il s’agissait d’un suicide et comme son mari sortait d’un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l’a crue.”

C’est un roman très court et découpé en de nombreux chapitres.
L’entrée en matière est très rapide et le lecteur est, dès les premières lignes, propulsé au sein de l’histoire, dans le vif du sujet. Le style est déstabilisant, constitué de courtes phrases et très descriptif. Mais ces descriptions sont efficaces et ont un but narratif évident. Elles sont complémentaires à l’histoire dont le détail et les précisions nous sont données par flash-back écrits au présent.

Le roman dérape assez rapidement, l’histoire surprend et met mal à l’aise. Le lecteur est projeté entre les deux personnages principaux, la femme et le policier, sans vraiment pouvoir prendre réellement position pour l’un ou l’autre. Nous sommes face à un dilemme cornélien opposant conscience sociale et morale et sentiments personnels.

“Un oeil condamne tandis que l’autre acquitte…

La place exacte de Gilles est entre ses deux yeux.”

La fin du roman est très rapide, presque brutale. On prend conscience qu’il s’agit d’une histoire dure. Les personnages sont un mélange de force, de dureté et de douceur âpre tant par leur physique que par leur personnalité, leurs sentiments et leur vécu. C’est un sentiment de frustration et d’injustice au goût amer qui s’installe au fur et à mesure que la fin approche.

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Cette lecture (lien) s’est faite dans le cadre du “Prix littéraire des Blogueurs”.