“Les Autres” – Alice FERNEY

23 juillet 2009 hachiko 1 commentaire

FERNEY

“Théo fête ce soir ses vingt ans et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissance. Rien sinon le jeu de société que son frère aîné lui offre, qui révèlera à chaque participant la façon dont les autres le perçoivent, menaçant de remettre en cause l’idée qu’il se faisait de lui-même et des sentiments réciproques l’attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusque-là soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance… et nul ne sortira indemne de la soirée.”

Ce roman dévoile des choses.

On ne saurait jamais se voir d’où les autres nous regardent.

Par trois fois, ces choses sont mises à nues, exposées à nous, différemment.
Des choses pensées, dites et rapportées.
Des choses qui amusent, blessent ou choquent.
Des choses qui riment avec vérités  qui dérangent.
Surtout, des choses que d’autres ont dans leur tête et que l’on découvre de manière intrusive d’abord puis avec curiosité.

Une curiosité presque déplacée, un peu gênante. Mais on se laisse agréablement prendre au jeu, car c’est d’un jeu qu’il s’agit. On a envie d’en savoir plus et tout est dit par petits bouts alors on s’accroche au jeu comme si on épiait les personnages, ces autres, par le trou de la serrure. Sauf que l’on accède même à leurs pensées intimes. On commence même par cela.

Ce jeu nous amuse, nous trouble et nous donne à réfléchir.

Sommes-nous seulement ce que les autres font de nous en étant avec nous ce qu’ils sont que nous faisons d’eux ?

On se contente d’y assister, d’observer et on se garde bien de participer. Parce que ces choses qu’on lit sur ces autres, parfois, surprennent mais bien souvent  font mal, en secret.
Mais nous ne sommes que le lecteur, on ne joue pas. Heureusement ?

L’auteur, dans un style franc et fluide, révèle, avec des mots du quotidien, des choses complexes, presque irréelles, que l’on voudrait garder intimement cachées au fond de soi-même.
Intrusif et polémique, ce roman surprend tant par sa construction que par les thèmes abordés, avec simplicité, mais peut-être un peu trop de naïveté et de longueurs parfois.

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Cette lecture (lien) s’est faite dans le cadre du “Prix littéraire des Blogueurs“.

“Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary” – Philippe DOUMENC

DOUMENC

“Elle s’appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l’amour, elle a vécu d’illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d’arsenic – c’est du moins ce que prétend Flaubert. Or c’est un fait reconnu que l’arsenic, en une seule prise, n’est presque jamais mortel…”

Le titre est intrigant. A première vue, un auteur contemporain reprend un grand classique de la littérature française pour mener une enquête policière. Et pour entrée en matière, ceci :

“Mais naturellement ma pauvre Bovary s’est bien empoisonnée elle-même. Tous ceux qui prétendront le contraire n’ont rien compris à son personnage !… Comment ne pas se suicider si l’on a un peu d’âme et que le sort vous condamne à Yonville ?”

Gustave Flaubert, Correspondance avec George Sand.

Puis, le récit de la mort d’Emma, une mort lente, douloureuse et ces mots chuchotés au médecin :

“Assassinée, pas suicidée.”

Flaubert serait-il lui-même le premier suspect ? Et les habitants de Yonville, cette ville qui semblait si peu propice à l’épanouissement d’Emma, qu’en est-il d’eux ? Qu’ont-ils donc à cacher ?

Une contre-enquête démarre dans une ambiance hivernale et triste : l’autopsie, l’enterrement, les interrogatoires et dépositions qui s’ensuivent…
Le style, très littéraire et accompagné de descriptions précisent plantant le décor, place la contre-enquête dans la droite lignée du roman de Flaubert.
Dans la lignée du roman, certes, mais d’un point de vue tout autre, piquant, presque acerbe. Une intrigue bien menée au cours de laquelle on redécouvre avec plaisir les personnages du roman sous un autre angle, à commencer par Emma. C’est l’envers du décor qui nous est présenté, un décor qui semble plus vrai, mais plus dur aussi. On est plongé dans un univers où se mêlent passions ennivrantes, douce cruauté et amères rêveries. Un monde plus abîmé,  bien loin de celui auquel aspirait la belle Emma et dans lequel la réalité rattrape durement les rêves d’une jeune fille trop sensible et trop fragile livrée à des âmes solides et peu scrupuleuses.
Une lecture aussi agréable que surprenante qui reprend un grand classique de la littérature française tout en s’en démarquant subtilement.

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Cette lecture (lien) s’est faite dans le cadre du “Prix littéraire des Blogueurs“.

hommage – Jean Yoyotte

14 juillet 2009 hachiko 2 commentaires

yoyotte

L’égyptologue français Jean Yoyotte est décédé le 1er juillet dernier à Paris, à l’âge de 81 ans.

L’égyptologie française perd l’une de ses grandes figures [...]
Les connaissances encyclopédiques de cet ”historien de l’Antiquité”, comme il aimait à se définir, faisaient de lui l’un des meilleurs connaisseurs de la civilisation pharaonique. [lien]

La fascination fait oublier que l’Egypte est une partie du monde qui a connu une expérience humaine, la civilisation pharaonique, pendant trois millénaires et demi, et que, tant par sa durée que par son originalité, elle est un sujet de réflexion formidable pour les sciences humaines. Autrefois, on accordait une grande attention à l’histoire événementielle, à la chronologie, aux successions politiques; on survalorisait le contenu des inscriptions. Avec l’école des Annales, les chercheurs se sont engagés dans une histoire globale. Le métier d’égyptologue, aujourd’hui, ce n’est pas de vous raconter Néfertiti ni Cléopâtre, mais de considérer la société sous toutes ses facettes: son économie, ses structures sociales, ses représentations idéologiques, ses oeuvres d’art, ses produits, sa philosophie… [lien]


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Matins à l’envers…

6 juillet 2009 hachiko 1 commentaire

Il y’a des matins difficiles.

matins_à_lenvers

Certains plus difficiles que d’autres.
Ceux-là même qui nous sortent difficilement de nos rêves.
Ces matins-là, mon lit m’arrache au réveil.
Je donne du chat au lait.
Je trempe mon chocolat dans mes tartines.
Je m’habille et me maquille pour me doucher ensuite.
Je me remaquille pour me brosser les dents ensuite.
Je me rhabille en commençant par les chaussures.
Je n’ai pas le temps de me sécher les cheveux.
Je me change parce qu’en lavant le petit-déjeuner je me suis éclaboussée d’eau chocolatée.
Et, souvent, je finis par claquer la porte, moi dehors, mes clés…
dedans.

Et là, je me dis qu’il y’a vraiment des matins DIF-FI-CILES…

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“J’Habite dans la télévision” – Chloé DELAUME

23 juin 2009 hachiko 3 commentaires

DELAUME

“Ce que nous vendons à Coco-Cola c’est du temps de cerveau humain disponible.”

Chloé Delaume décide de prendre au mot le fameux propos de Patrick Lelay et se met en condition pour comprendre comment se fabrique cette disponibilité temporelle et cérébrale. Nuit et jour, elle s’étudie elle-même en train de se soumettre à l’afflux de messages publicitaires en ingurgitant le maximum de programmes de divertissement.”

L’auteur / narrateur met en place une expérience : 22 mois devant la télévision. Elle nous décrit sa transformation, ses sensations, et ses constats. Mais surtout sa disparition. Sa perte de contrôle totale sur le monde réel et sur elle-même.

C’est un texte déroutant, qui ressemble plus au discours d’un fou, tant le début est décousu et bizarre. Le style est très particulier, les phrases alambiquées forment un ensemble peu cohérent et assommant. C’est un véritable puzzle que l’on a du mal à reconstituer au cours de sa lecture, encore moins à apprécier…

Il est difficile de parler d’un roman car il ne s’agit pas d’une histoire racontée mais plutôt du bilan très personnel d’un travail expérimental. Regarder la télévision, c’est une chose ; en abuser, c’est pas bien, voire dangereux. Soit.
Le résultat, le texte, présente, à mon sens, peu d’intérêt même s’il est évident que l’auteur sait de quoi elle parle**.

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Cette lecture (lien) s’est faite dans le cadre du “Prix littéraire des Blogueurs”.

** Je me permets de faire un lien sur le blog de George Sand dont la critique est particulièrement complète et riche d’informations.

Elle !

elle

J’aime pas les filles qui piquent les fringues de leur mec. Mais j’adore la voir se promener avec mes sweat-shirts en petite culotte dans l’appartement.

J’aime pas quand elle ronfle mais j’adore la regarder dormir, même quand elle ronfle.

J’aime pas les filles qui pleurent mais j’adore la consoler quand elle se réfugie dans mes bras.

J’aime pas les grasses matinées mais j’adore traîner au lit avec elle.

J’aime pas quand elle pique une crise de nerfs mais j’adore ses mimiques et ses yeux noirs quand elle est en colère.

J’aime pas quand elle inonde de buée et d’eau la salle de bain mais j’adore la regarder sous la douche.

J’aime pas quand elle se maquille pendant des heures mais j’adore ses grimaces et son air très sérieux devant le miroir.

J’aime pas quand elle sort seule le soir mais j’adore la voir se préparer.

J’aime pas la savoir trop sexy quand elle sort mais je craque quand elle danse sur un comptoir de bar en pleine soirée.

J’aime pas quand on la regarde, mais j’adore cette fierté que je ressens quand on la regarde.

J’aime pas les filles qui rient trop fort mais j’adore ses éclats de rire.

J’aime pas quand elle s’absente quelques jours mais j’adore nos retrouvailles passionnées.

J’aime pas… plein de trucs de filles mais Elle, … c’est pas pareil !

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“Les lois de la gravité” – Jean TEULE

10 juin 2009 hachiko 1 commentaire

TEULE

“Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d’oublier pendant deux jours les turpitudes et les angoisses qu’inflige à ceux qui l’exercent le dur métier de policier. À cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari. « Comment ? » En le poussant par la fenêtre de leur appartement du 11e étage. « Quand ? » Il y a dix ans. « Pourquoi ? » Parce qu’il était sadique, irresponsable et qu’il la battait, elle et ses enfants. « Comment se fait-il qu’elle n’a jamais été inquiétée ? » Parce qu’elle a dit qu’il s’agissait d’un suicide et comme son mari sortait d’un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l’a crue.”

C’est un roman très court et découpé en de nombreux chapitres.
L’entrée en matière est très rapide et le lecteur est, dès les premières lignes, propulsé au sein de l’histoire, dans le vif du sujet. Le style est déstabilisant, constitué de courtes phrases et très descriptif. Mais ces descriptions sont efficaces et ont un but narratif évident. Elles sont complémentaires à l’histoire dont le détail et les précisions nous sont données par flash-back écrits au présent.

Le roman dérape assez rapidement, l’histoire surprend et met mal à l’aise. Le lecteur est projeté entre les deux personnages principaux, la femme et le policier, sans vraiment pouvoir prendre réellement position pour l’un ou l’autre. Nous sommes face à un dilemme cornélien opposant conscience sociale et morale et sentiments personnels.

“Un oeil condamne tandis que l’autre acquitte…

La place exacte de Gilles est entre ses deux yeux.”

La fin du roman est très rapide, presque brutale. On prend conscience qu’il s’agit d’une histoire dure. Les personnages sont un mélange de force, de dureté et de douceur âpre tant par leur physique que par leur personnalité, leurs sentiments et leur vécu. C’est un sentiment de frustration et d’injustice au goût amer qui s’installe au fur et à mesure que la fin approche.

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Cette lecture (lien) s’est faite dans le cadre du “Prix littéraire des Blogueurs”.

Muse de la nuit

25 mai 2009 hachiko 1 commentaire

plus_rien_ne_s'oppose_à_la_nuit

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand le jour, longuement, s’éternise, que la nuit, trop courte, s’enfuit trop vite.

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand le jour t’ennuie, que la nuit doucement te grise.

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand le soleil ne sèche plus tes larmes, que la lune redessine ton sourire ,sous ses yeux brillants.

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand la lumière t’aveugle et t’isole, que la nuit te rend à lui…

Soyez ma muse.
Et que ne durent que les moments doux.


Catégories:échos musicaux

Accordez-moi cette danse

15 mai 2009 hachiko 1 commentaire

Accordez-moi_une_danse

Accordez-moi cette danse,
Vivez, tournez, enivrez-vous, dans mes bras.

Accordez-moi cette danse,
Abandonnez-vous corps et âme, dans mes bras.

Accordez-moi cette danse,
Soyez ivre de vie et de bonheur, dans mes bras.

Accordez-moi cette danse,
pour que brille encore ces yeux qui me font tant rêver,
pour que rayonne encore ce sourire qui me fait vivre .

Catégories:échos d'ailleurs

mon miroir et ma balance sont des traîtres !

3 mai 2009 hachiko 3 commentaires

miroir_balance

C’est le printemps. Enfin, avec des hauts et des bas.

Donc, l’été approche et pointera, peut-être, le bout de son nez.
Et donc, le temps de se dévêtir un peu, de laisser sa peau et son corps respirer et surtout, de le montrer un peu plus, ce corps.
Peut-être.

C’est aussi le temps des régimes, plus ou moins intenses, et très souvent mal suivis mais juste histoire de dire : “bon, mon objectif était de 5 kilos, mais 3 c’est déjà ça !”. Un grand projet quoi !

Pour la concrétisation de ce grand projet, votre balance devient un ustensile incontournable qui trône devant le deuxième accessoire, également devenu incontournable : le miroir.

Et normalement, ces deux accessoires, d’un commun accord, nous guident dans notre grand projet et prononcent un verdict un minimum en accord avec notre attente. Et des fois, on est même content du résultat.

Sauf que là, clairement, mon miroir et ma balance me trahissent totalement. Ils ne me montrent pas du tout le bon chemin et semblent clairement indiquer que mon grand projet est fort mal barré…

Il parait que cette année j’ai des circonstances atténuantes…
N’empêche, les traîtres finiront par passer par la fenêtre s’ils continuent à me contrarier autant !

Catégories:anecdotes