his son

Il est très brun et a de grands yeux verts en amande… Debout, devant ce petit garçon de 5 ans, l'espace d'un instant, mon monde s'est écroulé.

Il ressemble à son père, on me l'avait déjà souvent répété, et ça se voit… son père est devant moi, heureux et bouleversé parce que je crois qu'il a compris… Et moi je flanche encore quelques secondes avant de me ressaisir et l'embrasser sur la joue alors que ses deux petits bras s'enroulent autour de mon cou. Il avait hâte de me rencontrer, m'explique son père, il entend souvent parler de moi. On s'installe à la terrasse du café et, dans un espagnol un peu fragile, on commence à parler, de tout et de rien. Ce petit garçon me montre une affection timide mais solide et moi je suis encore en train de tergiverser dans ma tête.

Il ressemble à son père, mais lequel… Celui qui est toujours là ou l'autre… Il a ses yeux, c'est indéniable… et son caractère. Dans sa façon de parler, de réagir, simplement de bouger. Ce froncement de sourcil quand il essaie de savoir ce qu'on ne dit pas. Moi je suis terrassée… ils auraient pu me prévenir…

Il demande où sont les toilettes, je l'accompagne devant la porte et retourne m'asseoir auprès de son père… qui doucement commence à m'expliquer.
Plus son fils grandissait, plus c'était flagrant. Tout le monde a très vite compris, mais il a choisit de l'élever comme son fils et de lui expliquer plus tard, quand il serait grand.

Lui expliquer quoi ? qui était son père, son grand-père, … qu'il a un lourd passé à assumer parce que c'est dans son sang…

Il ne veut pas le savoir, c'est comme ça… et puis, ils se sont mis d'accord, là-bas…
Même sa mère ? Il me dit qu'elle a longuement hésité mais, qu'un jour, elle aimerait lui parler de lui,  lui raconter son histoire. Peut-être que moi aussi, quand il sera grand, j'aimerai lui de son père, ajoute-t-il tout bas.

De toutes façons, l'enfant revient, la discussion est close.

… Et quand il sera grand, qu'est ce que je lui dirai… ?

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4 réflexions sur “his son

  1. Si on se revoit… s’il accepte qu’on lui en parle… s’il ne le rejette pas… s’il ne lui ressemble pas trop … enfin beaucoup de « si » alors je verrai en temps et en heure. Pour l’instant, je serai bien incapable de lui en parler. Il est sans doute trop tôt.

  2. Garder le secret n’est jamais bon, jamais, parce que tôt ou tard il finit par rejaillir et parfois ceux qui auraient pu expliquer, raconter, ne sont plus là pour le faire.

    À prendre que comme mon avis très personnel sur ce sujet qui me touche.

  3. Je suis d’accord, mais, en même temps, cet enfant a un père et une mère qui l’aime et même s’il est indéniable qu’il ressemble à son père biologique, aux yeux de cet enfant son « vrai » père est celui qui l’élève, qui aime sa mère et ses frère et soeur avec autant d’intensité. Alors est-ce qu’il ne vaut mieux pas attendre que l’enfant pose des questions, de lui même, plus tard, avant de tout lui raconter ? Et comment être sûr qu’il sera près à savoir ? … J’espère juste que ses parents feront le bon choix…

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