je me souviens d’une pomme…

Je me souviens  des vielles longues tables en bois et leurs chaises pliantes qui grinçaient et se repliaient dans un claquement bruyant. Trop bruyant, beaucoup trop surtout quand on cherche à se faire discret dans l’amphi.

Je me souviens de l’amphithéâtre, un vieil amphi mal éclairé, un peu austère. D’une journée de  cours au début de l’hiver avec nos manteaux sur le dos, les dents qui claquaient et les doigts crispés sur les stylos parce que le chauffage central était cassé. Et puis des cours suivant, pendant tout le reste de l’hiver, en T-shirt dans l’amphi, dans une atmosphère moite et étouffante, parce que le chauffage était réparé. Mais pas le thermostat. Donc ils l’avaient bloqué au maximum parce que c’était tout ou rien…

Je me souviens  du bloc central surmonté du projecteur de diapositive et du bourdonnement assommant quand il fonctionnait. La chaleur qui s’en dégageait aussi. Une source de chaleur en plus qui ne changeait pas grand chose à la température ambiante, il faut bien l’avouer.

Je me souviens du grand bureau en bas de l’amphi, surmonté de micros qui paraissaient dater de l’avant-guerre. Ces micros dans lesquels certains aboyaient, d’autres éternuaient, d’autres encore racontaient… Et de la grande toile blanche, souvent nue, et qui me rappelait inévitablement mon énigmatique exposé sur le carré blanc sur fond blanc (1918) de Malévitch.

Je me souviens de nos picnics avalés en quatrième vitesse, dans l’amphi, entre deux fois quatre heures de cours. Une journée chargée ponctuée de prise de note, de discussions, de fous rires, de tentatives de re-suivre le cours et d’autres fous rires encore, mais ça c’est une autre histoire…

Et je me souviens d’une pomme verte qui s’échappe de la table où elle était soigneusement posée pour le dessert et qui roule dans  l’allée latérale de l’amphi en prenant de la vitesse avec les marches. Et d’un bras tendu un mètre derrière…
J’ai dévalé tout l’amphi pour attraper ma pomme. Évidemment je ne l’ai ramassée qu’une fois arrivée au pied du grand bureau du prof qui s’installait pour commencer son cours… J’ai simplement (et rapidement) constaté la hauteur du bureau et la belle couleur du bois, me suis retournée la tête haute pour faire face à des dizaines de regards amusés…

 J’ai avalé ma pomme dans les trois minutes qui me restait avant le début du cours et j’ai commencé à prendre des notes pour enchaîner sur un fou rire… mais c’est une autre histoire…

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3 réflexions sur “je me souviens d’une pomme…

  1. Souvenir souvenir !
    Ca m’a rappelé mes années à Bordeaux… là bas aussi on avait des problèmes de thermostat, et en hiver, entre le froid extérieur et la chaleur insupportable des amphis, on avait vite fait d’attraper mal 🙂
    Et sinon ça faisait quoi de se retrouver en bas de l’amphi.. presque à la place du prof ? 🙂

  2. Moi je veux bien que tu racontes cette histoire des fous rires, ça me rappellera de bons souvenirs… 😉

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