femme de passion

 

Alanguie, inlassablement allongée.

Digne. Presque hautaine.

Son corps frémit au contact de la soie, sa chair pâle se teinte des reflets plus blancs encore des draps.

Elle attend, sans vraiment attendre. Ce n’est pas l’attente pénible, celle que l’on subi, ni celle qui nous impatiente, qui nous gêne un peu. Ce n’est pas celle dont on se passerait, celle qui nous agace, nous hante parfois, jusqu’à nous empêcher de dormir.

Non. C’est une attente sereine, une attente préparatrice. Nécessaire. Cette attente fait parti de l’univers sensuel dont elle se pare. Son corps de prépare, son âme s’emplit d’une légère odeur de fleur fraîches, témoins d’une douce attention. Un geste teinté de pudeur quand tout réclame le plaisir. Son esprit se vide, une langueur presque sexuelle s’installe et régit l’ambiance de la chambre. Le lit en devient le symbole. Symbole de pensées mystérieuses et combien choquantes à l’époque. Et maintenant ? Impossible de nier l’évidence : combien de mœurs légères choquent les plus sérieuses ?

Elle patiente. Belle et droite. Son monde lui va si bien. Son désir rime si bien avec son envie… de plaisirs contournés si vicieux aux yeux de tous. Pourquoi se priver de ces mystérieuses palpitations sexuelles quand à portée de soi, la chose est courante… mais secrète.

Femme de passion, pourtant si discrète.

_____________________________

L’Olympia, Manet, 1863 ; Musée d’Orsay.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s