J’ai fermé les yeux sur la Seine…

Emportée par la mélodie dans mes oreilles,

bercée par le ronronnement régulier du métro,

là, où, chaque matin, je regarde les péniches à quai,

une ouverture furtive au milieu des sombres tunnels.

Pourtant, ce matin, j’ai fermé les yeux sur la Seine…

Elle se fend plus d’une robe longue, sur le côté.

La petite fille de Susie Wong voit sa vie débridée.

La Jonque, Raphaël.

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Muse de la nuit

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Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand le jour, longuement, s’éternise, que la nuit, trop courte, s’enfuit trop vite.

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand le jour t’ennuie, que la nuit doucement te grise.

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand le soleil ne sèche plus tes larmes, que la lune redessine ton sourire ,sous ses yeux brillants.

Plus rien ne s’oppose à la nuit,

Quand la lumière t’aveugle et t’isole, que la nuit te rend à lui…

Soyez ma muse.
Et que ne durent que les moments doux.


funambule

funambule

Je suis un funambule.

Je manque une chute.

Seul sur nos cendres, 

En équilibre

Je t’ai vue dans la foule,

Disparaître, en plein numéro.

Mes poumons pleurent, mon cœur est libre

Ta voix s’efface de mes pensées

Je ne t’ai pas cherchée.

J’apprivoiserai ma liberté

Je suis un funambule.

Qui, des années plus tard,

Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges

Je t’aime trop fort ça te dérange

T’a reconnue,

Au hasard d’une représentation.

Et mes rêves se brisent sur tes phalanges

Je me suis accroché à mon rêve. Et j’ai fermé les yeux.

Je n’ai jamais appris à voler. Et mes ailes se sont brisées.

J’ai appris à chuter. Et à en faire une force.

 

Je suis un funambule.

Un funambule heureux.

Je t’aime trop fort

Mon ange…

 

 

restons amants

restons_amants

J’ai aimé sentir ton souffle sur mon cou, tes lèvres sur les miennes, ton regard couvant mon corps.

J’ai aimé chuchoter mes secrets au creux de tes reins, te prendre  la main pour avoir moins peur.

J’ai aimé essuyer tes larmes pour te consoler et t’enlacer, en te serrant fort contre moi.

J’ai aimé rire avec toi de choses futiles, construire ma vie avec toi et imaginer notre avenir.

J’ai détesté devoir te quiter.

Mais je t’ai aimé.

 Quoi qu’il advienne
Restons amants

Restons amants des impatiences

Des minutes qui sont comptées
Des trésors de ruses et de science
Pour se retrouver

Restons amants des corps-à-corps
Des peaux qui savent où se trouver
Là sont les cœurs qui battent encore
L’un à l’autre mêlés

La petite mort
L’éternité

héroïne (4)

 

Tu ouvres les yeux,
péniblement.
La lumière est très blanche,
et t’agresse un peu.

Jimmy s’éveille dans l’air idéal

T’as mal au crâne,
les paupières lourdes,
l’esprit dans le brouillard
et la bouche sèche. 

Le paradis clair d’une chambre d’hôpital

Tu sais pas où t’es.
T’as une drôle d’impression.
Un peu mal au coeur, comme
Un déjà-vu.

 L’infirmière est un ange et ses yeux sont verts

Une jolie blonde te sourit.
Elle change ta perf’,
Ça, tu connais.
Pourquoi ?

Comme elle lui sourit, attention : Jimmy veut lui plaire

Elle te pose quelques questions.
Tu sens sa main trembler un peu,
quand tu lui racontes ton histoire.
Quelle histoire ? l’accident…Mais avant ?

Oublie-moi.

héroïne (3)

Tu t’abimes dans ton malheur,
te lacère le coeur,
cherche en vain une échappatoire.

Jimmy va trop vite, Jimmy pleurniche

T’entends encore son rire,
et la sens contre toi,
se lover dans tes bras, sous les draps.

Il sent son parfum sur la corniche

Puis tu te souviens ses paroles,
comme une lame acérée qui te déchire le corps,
le coeur et toute ton âme.

Les lacets, le gravier, et, dans l’air du soir

Tes bras se crispent, ta vue se brouille,
tes spasmes t’étouffent,
ton être, en transe, lutte.

La Chrysler s’envole dans les fougères et les nénuphars

Tu fermes les yeux,
tu abandonnes.
… dis lui « Adieu ».

héroïne (2)

Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort

Tu t'es accroché à tes rêves,
sans vraiment penser aux siens.

Pour que sa starlette bronze en hors-bord

Tu lui as construit un palais,
une forteresse pour vous deux.

Avec elle, il voulait un bébé, sans rire

Tu lui a confié ton coeur,
tes envies les plus secrètes.

Comme elle est partie, attention : Jimmy veut mourir

Tu aurais voulu lui courir après,
c'est toi qui es parti, sans te retourner.

Ou es-tu parti ?