philosophie ludique – « Cogito Ergo Sum »

Quelqu’’un d’assez connu et de plutôt futé (*) a dit un jour :

« Je pense donc je suis »

Alors, je suis… beaucoup même.
Mais pas toujours dans la bonne direction.

Puis quelqu’’un d’’autre a ajouté, plus tard, que c’’est en se trompant que l’’on apprend.

Alors, à l’évidence, j’’ai beaucoup appris !

* Descartes, Discours sur la méthode, 1637

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la pudeur

Intime.

Quand, dévoilée, elle se cache sous sa pudeur, c’est ardente, qu’elle reparait au coucher du soleil.
Quand, voilée, elle se découvre, ses courbes sensuelles implosent en elle et, nue, elle s’épanouit.

En silence, elle se laisse porter par l’obscurité, en des gestes alanguis presque trop lents.
Loin des lumières, de faibles lueurs découvrent une peau trop parfaite pour être regarder de jour.
Hors du temps, une goutte d’eau éternelle entre les seins, pour la parer de pureté.

Quand, lancée, elle se bride sous le vent, et triomphe de ses chaînes pour se déchainer.
Quand, essoufflée, elle se cambre sous la pluie, et danse de plaisirs.

En silence, elle pleure son désarroi pour mieux rire une fois seule.
Loin des lumières, elle revit dans son corps engourdi, d’intenses instants passés.
Hors du temps, elle déploie ses voiles jalousement et préserve ses secrets.

Quels secrets ?

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La pudicizia (détail)
, Antonio Corradini, 1752, Naples, Chapelle Sansevero.

pour une vie

Les hommes ont-ils créé Dieu parce qu’ils ne pouvaient affronter leur propre peur de mourir?
Lui ne ressentait pas cette peur. Ou peut-être justement plus que les autres. Il fallait aller vite et tout accomplir vite pour être sûr de ne pas avoir été, pour rien.

Peur du vide, de l’inaccompli, de l’inachevé ou de l’inutile. Une idée qui lui était insupportable….
[…] Il parlait pourtant de destin, de fatalité et de chemin tout tracé, sans pour autant s’en soucier… Il ne partageait pas ce concept sans se placer bien au-delà….

C’était en quelque sorte une revanche…

Une revanche sur cet homme qui a lui-même creusé sa tombe comme pour lui indiquer les dangers d’une fierté et d’une ambition trop grandes.
Mais c’est bien plus que ça…. C’est aussi une revanche sur la vie. […] A trop la défier, elle a repris ses droits.

Des droits qu’elle t’a si peu de temps accordés.

Sa façon de braver l’interdit, de trouver les mots pour dire les choses les plus profondes, de cerner ses proches, de les faire plonger ou les délaisser, cette façon plaisait.
Contrôler pour mieux régner et selon ses sentiments, souvent à fleur de peau.
Offenser à perte pour reconstruire en plus beau. S’assurer une gloire intemporelle et précipiter sa propre perte !

Mais au moins, partir avec dignité.

Un être d’exception peut-être trop orgueilleux pour se retourner, mais pourtant estimé.
Une âme sans doute trop fière pour regretter, mais une âme aujourd’hui libre.

Pour une vie de luxe et de débauche, de tristes soupirs et de rires francs, de tendres amitiés…

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L’Homme aux gants, Titien, vers 1523 ; Musée du Louvre

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Le jour où j’ai écrit ce texte, il était déjà parti depuis un certain temps.

3 ans déjà…

Et puis je me suis retrouvée en face de ses yeux… cette lueur retrouvée… les yeux de son fils.

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N’oublies pas, une âme aujourd’hui libre. Garde le cap, je te soutiens.

femme de passion

 

Alanguie, inlassablement allongée.

Digne. Presque hautaine.

Son corps frémit au contact de la soie, sa chair pâle se teinte des reflets plus blancs encore des draps.

Elle attend, sans vraiment attendre. Ce n’est pas l’attente pénible, celle que l’on subi, ni celle qui nous impatiente, qui nous gêne un peu. Ce n’est pas celle dont on se passerait, celle qui nous agace, nous hante parfois, jusqu’à nous empêcher de dormir.

Non. C’est une attente sereine, une attente préparatrice. Nécessaire. Cette attente fait parti de l’univers sensuel dont elle se pare. Son corps de prépare, son âme s’emplit d’une légère odeur de fleur fraîches, témoins d’une douce attention. Un geste teinté de pudeur quand tout réclame le plaisir. Son esprit se vide, une langueur presque sexuelle s’installe et régit l’ambiance de la chambre. Le lit en devient le symbole. Symbole de pensées mystérieuses et combien choquantes à l’époque. Et maintenant ? Impossible de nier l’évidence : combien de mœurs légères choquent les plus sérieuses ?

Elle patiente. Belle et droite. Son monde lui va si bien. Son désir rime si bien avec son envie… de plaisirs contournés si vicieux aux yeux de tous. Pourquoi se priver de ces mystérieuses palpitations sexuelles quand à portée de soi, la chose est courante… mais secrète.

Femme de passion, pourtant si discrète.

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L’Olympia, Manet, 1863 ; Musée d’Orsay.

Ecrire

« Ecrire n’est justifié ni même n’a de sens qu’à condition d’être absolument vital »

Les amitiés maléfiques.

Pourquoi écrire ?

Peut-être pour se comprendre, parce qu’on n’a pas le courage de tout avouer à voix haute, parce qu’on n’ose pas se l’avouer à soi-même ni prendre la décision de tout changer.
Peut-être pour se laisser rêver un peu, parcourir ce Soi intérieur, créatif et imaginaire, ce pays enfoui au loin sous de vastes mers.
Peut-être parce qu’un navire lutte, sans cesse, à la surface, contre ces houles incessantes et puissantes tempêtes.
Peut-être parce que ce navire prend un peu de lui, âme en peine, et récolte sous chaque poussière d’étoile la force d’avancer, sous chaque rayon du soleil la force de vaincre.

Ecrire pour s’évader, rêver, crier aussi.
Ecrire pour se confier, s’enfuir et s’éprouver.

Un secret, une parole intérieure, une pensée troublée, un rêve farfelu, une émotion intense…
Un petit rien qui forme un tout pour certains, un flou pour d’autres.

Déferlante

1, 2, 3,
Son corps, impétueux, lové au lointain, s'éveille en émoi,
4, 5, 6,
Avec fougue, Reine de l'instant, elle s'élève, et, sans fatigue, s'aiguise.
7, 8, 9,
Sous les regards, elle s'élance, de blanc couronnée, soulevant la fuyante nef,
10, 11, 12
Et, de son long manteau, couvre ses trésors, eux si perdus, elle, si jalouse.

Ou les échos croisés d'une montagne démontée …

art pour rêve

La porte était ouverte, je suis observée…
Irrésistible, envie de percer le jour, censuré.

La barque piège le chat en surface, l'eau vibre
de toutes ses ondes et ce sourire la brise.
Sans ironie, cet oeil de verre,
la domine, si fière.
Au clair, c'est à la Vénus de s'y noyer sans mélancolie,
A Milo pourtant, son sourire s'effaçait, un air démuni.
Intemporelle, elle chante
et, d'herbes folles et savants pétales, s'évente.
Mais, l'oiseau !!! chuuuuuut… C'est l'oeuvre qui pense.

Mes rêves sont torturés ces temps-ci…
et s'emparent de moi à peine endormie,
me secouent, me font trembler,

quelques secondes qui semblent une éternité…